Source : écrit par Gilles Coens, Head of Product chez MeDirect.
« Les États-Unis sont, pour des raisons historiques, idéologiques et religieuses, un pays unique et moralement supérieur. » Telle est l’idée qui sous-tend l’exceptionnalisme américain. En tout cas l’exceptionnalisme économique américain, tel qu’il s’est particulièrement manifesté ces dernières années.
Il est vrai que les États-Unis ont fait figure d’exceptions : malgré une inflation élevée, les consommateurs américains ont continué à consommer. La croissance est restée positive et le chômage, faible. Et surtout, les États-Unis ont été les pionniers de l’IA. En témoigne NVIDIA, qui est devenue la plus grande capitalisation boursière du S&P 500. Mais ces derniers mois, l’exceptionnalisme américain est de plus en plus remis en question.
Chaos et correction
En mars, le S&P 500 a perdu 10 % par rapport à son sommet de février 2025. C’est ce qu’on appelle officiellement une correction sur les marchés boursiers. D’une part, la croissance ralentit et, d’autre part, l’inflation devrait repartir à la hausse. La Fed se trouve donc dans une impasse : doit-elle baisser les taux d’intérêt maintenant pour soutenir l’économie ? Ou augmenter les taux d’intérêt pour juguler l’inflation ?
Ces dernières années, les actions américaines ont été principalement stimulées par les baisses de taux d’intérêt, ou du moins par l’anticipation de ces baisses. En effet, des taux plus bas favorisent la croissance en rendant le crédit plus accessible, favorisant ainsi la consommation.
Toutefois, tout est plus chaotique depuis l’entrée en fonction de Trump, notamment sur le plan économique. Ce sont surtout les droits de douane qui suscitent l’inquiétude des consommateurs et des investisseurs. Ils ont un effet inflationniste, car les droits de douane sont toujours répercutés sur les consommateurs. Or, il est tout aussi important de maîtriser l’inflation.
En outre, l’expulsion des migrants peut également accentuer l’inflation. Il est très probable que les salaires augmentent, car cette mesure ne fera qu’accentuer les tensions sur le marché du travail.
Cela se traduit par une baisse de la confiance des consommateurs. Au cours de ce mois, l’université du Michigan a indiqué que l’indice de confiance des consommateurs était tombé à 57,9, en baisse de 11 % sur un mois, marquant une troisième baisse consécutive et une chute de 22 % depuis décembre 2024. Le rapport montre que les consommateurs ont des attentes moins élevées. Non seulement en termes de finances personnelles, mais aussi sur le marché du travail, l’inflation, les conditions économiques générales et les marchés boursiers. Tout cela s’explique par le chaos et l’incertitude politique.
En mars, les prévisions d’inflation pour l’année à venir ont même augmenté, passant à 4,9 %, contre 4,3 % en février. C’est le niveau le plus élevé depuis novembre 2022 et la troisième augmentation consécutive de 0,5 point de pourcentage ou plus.
Aux États-Unis, une récession semble de nouveau redoutée, avec une croissance plus faible et une inflation en hausse.
Les choses ne sont jamais aussi graves qu’elles en ont l’air
Pourtant, les chiffres de l’inflation publiés en mars sont relativement rassurants. En février, les prix à la consommation ont augmenté de 0,2 % par rapport au mois précédent. L’inflation de base (hors alimentation et énergie) a augmenté de 3,1 % en glissement annuel, soit la plus faible hausse depuis avril 2021. Les chiffres mensuels et annuels de l’inflation ont été inférieurs à ceux de janvier, et surtout inférieurs aux attentes.
Ces bonnes nouvelles ont quelque peu atténué les inquiétudes concernant une éventuelle stagflation (période de stagnation de la croissance, d’inflation élevée et d’augmentation du chômage). Néanmoins, l’incertitude demeure quant à l’impact des récents droits de douane sur les prix. Nous en constaterons les conséquences au cours des prochains mois.
Heureusement, le président de la Fed, Jerome Powell, a réussi à rassurer les investisseurs. Il a expliqué que l’impact des tarifs douaniers sera temporaire et que les attentes en matière d’inflation se situent toujours à long terme autour de 2 %. Après cette annonce, la plupart des indices boursiers ont rebondi.
Même si les taux d’intérêt sont restés inchangés en mars (entre 4,25 % et 4,5 %), la Fed prévoit toujours une baisse des taux de 0,5 % d’ici la fin de l’année. Et ce, malgré une incertitude accrue, des prévisions d’inflation plus élevée et une croissance plus faible du produit intérieur brut (PIB).
Signes économiques positifs aux États-Unis
Parallèlement à l’espoir de baisse des taux d’intérêt, nous constatons heureusement d’autres évolutions positives dans le paysage économique américain.
Par exemple, en ce qui concerne le marché immobilier aux États-Unis : les ventes de logements existants ont augmenté de 4,2 % en février. Ce bon chiffre est principalement dû à une augmentation de l’offre. Le nombre de nouveaux projets de logement a également surpris positivement. Avec une augmentation de 1,5 million d’unités, cela représente une hausse de 11,2 % par rapport à janvier. Cela ne compense toutefois pas la baisse de 2,9 % en base annuelle.
L’espoir est également de mise pour les actions technologiques, malgré les craintes d’une récession et la plus grande vague de ventes depuis 2022. En mars, le Nasdaq était encore en baisse de 11 % par rapport à son sommet de février. Toutefois, il serait dommage de faire une croix sur les gagnants de l’année dernière. Les entreprises technologiques continuent de mettre en avant des marges, des bénéfices et des prévisions de chiffre d’affaires solides. Avec une croissance potentielle des bénéfices de 12 % cette année, ce secteur reste celui dont les prévisions de croissance sont les plus rapides et les plus élevées.
Néanmoins, ces actions technologiques restent très volatiles. Investissez-vous dans des ETF sur le S&P 500 ? Dans ce cas, vous pouvez également jeter un coup d’œil aujourd’hui aux fonds gérés activement, qui ne sont pas nécessairement très exposés aux valeurs technologiques volatiles d’aujourd’hui. Vous trouverez les détails de l’allocation des fonds sur nos pages produits.
Les ETF Equal Weight (ETF où la pondération de chaque société dans l’indice est égale, soit 0,2 % dans le cas du S&P 500) peuvent également offrir une solution aux investisseurs qui cherchent à limiter leur exposition aux grands noms de la technologie.
L’Europe dans le collimateur de Trump
Après la Chine, le Canada et le Mexique, Trump a imposé des droits de douane à l’Union européenne le 12 mars : des droits de douane de 25 % sur l’acier et l’aluminium européens. L’UE a réagi en imposant des droits de douane de 50 % sur le whisky et les motos américains.
Trump a répondu en menaçant d’imposer des droits de douane de 200 % sur les boissons alcoolisées européennes et en imposant des droits de douane de 25 % sur tous les véhicules importés aux États-Unis (quel que soit le pays d’origine) ainsi que sur certaines pièces détachées. Ou comment les droits de douane peuvent déclencher une réaction en chaîne extrêmement rapide.
Les investisseurs européens ne se sont bien sûr pas réjouis de ces nouveaux tarifs douaniers. Les actions européennes ont donc connu un statu quo en mars, après une forte performance au cours des deux premiers mois de l’année.
Toutefois, cette performance antérieure s’expliquait principalement par la valorisation plus faible des actions européennes. Pour de nombreux gestionnaires de fonds, les actions européennes étaient sous-pondérées. Compte tenu de l’incertitude qui règne aux États-Unis, beaucoup d’investisseurs ont reconstitué leurs positions en Europe, ce qui a entraîné une belle hausse des marchés boursiers européens.
Cependant, d’autres facteurs jouent en faveur de l’Europe. La Banque centrale européenne a notamment joué un rôle important dans cette relance en réduisant ses taux d’intérêt pour la sixième fois. L’espoir d’une issue au conflit en Ukraine grandit et l’Allemagne semble retrouver une certaine stabilité politique. En outre, les actions européennes restent attractives d’un point de vue valorisation. Malgré des prévisions de croissance des bénéfices plus faibles, elles ont certainement leur place dans un portefeuille diversifié.
Cette évolution est également perceptible dans les fonds gérés activement. En Europe, leur taux de réussite est plus élevé qu’aux États-Unis. En d’autres termes, ils battent plus fréquemment les indices de référence, ce qui est plus rare aux États-Unis. N’hésitez pas à consulter la « MeDirect sélection de fonds » pour plus d’informations à ce sujet.
La Chine stimule la consommation
Les actions chinoises affichent également de bonnes performances cette année, supérieures à celles des actions européennes. Les deux premières semaines de mars ont été particulièrement fructueuses. Les investisseurs ont réagi positivement au plan du gouvernement chinois visant à rétablir la confiance des consommateurs, et donc la consommation.
Ce plan comprend 30 mesures politiques, parmi lesquelles l’augmentation des revenus et la réduction des charges financières pour les ménages. La stabilisation des marchés boursiers et immobiliers est une priorité. Par ailleurs, la qualité des services et des biens de consommation doit être améliorée. Tout cela vise à stimuler la demande intérieure et à soutenir la croissance économique.
Les chiffres économiques publiés en mars ont donc dépassé les attentes : les ventes au détail ont augmenté de 4 % en glissement annuel au cours des deux premiers mois de 2025, ce qui est supérieur aux 3,7 % enregistrés en décembre dernier. Quant à la production industrielle, elle a augmenté de 5,9 % en glissement annuel sur la même période. Ce chiffre est inférieur à celui de décembre (6,2 %), mais supérieur aux attentes.
Prêt pour l’incertitude ?
L’incertitude est désormais la seule certitude. Les partisans et les opposants de Donald Trump s’accordent sur ce point. En période d’incertitude, de nombreux investisseurs se tournent vers l’or, principale valeur refuge. L’or est donc la classe d’actifs la plus performante de 2025 à ce jour.
Mais n’oublions pas que les obligations offrent également des rendements attrayants aujourd’hui. En période d’aversion au risque, elles peuvent encore jouer leur rôle de diversification.
Les fonds multi-asset et les fonds mixtes contribuent également à préparer votre portefeuille à l’incertitude. En effet, ces fonds garantissent la diversification d’un portefeuille entre les différentes classes d’actifs. En outre, les gestionnaires de portefeuille peuvent anticiper rapidement les évolutions du marché.
La récente correction des actions américaines offre aujourd’hui un point d’entrée plus attractif. En effet, les actions américaines sont relativement chères, principalement en raison de la valorisation élevée des entreprises de la Big Tech. Pour ceux qui ont encore des doutes, il est préférable d’entrer sur les marchés de manière échelonnée.
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